Symptômes de la Ciguatéra

                                                     
                             

La ciguatéra frappe avant tout par le nombre élevé et la diversité de ses symptômes qui se regroupent classiquement en 5 grandes familles: digestifs, neurologiques, cardio-vasculaires, rhumatologiques et généraux. En pratique, plus de 175 symptômes différents ont été recensés dans la littérature médicale.

A ce jour, il n'existe toujours pas de test biologique dûment validé permettant de poser un diagnostic de ciguatéra chez les patients. Actuellement, le diagnostic de ciguatéra repose uniquement sur l'historique d'intoxication, la nature du poisson consommé et les symptômes. En effet, certains symptômes tels que les paresthésies (démangeaisons, brûlures, engourdissements) des extrémités (mains, pieds,...), du visage, de la bouche et les douleurs au contact d'objet ou de liquide froids, peuvent être considérés comme caractéristiques de la ciguatéra.

La ciguatéra présente généralement un faible taux de mortalité (<0.1%) et n'a jusqu'à présent jamais été associée à la survenue de maladies graves (cancers,...). Les rares cas mortels surviennent quelques heures, voire quelques jours après l'intoxication et sont en général dus à une défaillance cardiovasculaire  aggravée par la forte déshydratation provoquée par les diarrhées et vomissements. Aucun cas mortel lié à la ciguatéra n'a été observé en phase chronique de l'affection.

Si cette intoxication peut s'avérer très invalidante sur de longues périodes allant jusqu'à plusieurs décennies, dans la majorité des cas, les symptômes finissent par s'estomper spontanément. Aujourd'hui, l'un des objectifs de nos recherches est de comprendre ce phénomène et de déterminer les facteurs qui favorisent la disparition de ces symptômes.

Par ailleurs, si la ciguatéra, n’est pas « contagieuse », elle présente par certains aspects, un caractère « transmissible » : soit par voie sexuelle (qui pourrait expliquer la survenue de prurit vulvaire chez des femmes lors de rapports sexuels avec un partenaire atteint de ciguatéra, ou de douleurs pelviennes chez les hommes durant l’éjaculation); soit de la mère à l’enfant par voie trans-placentaire ou via le lait maternel. Dans ce dernier cas, il est fortement recommandé aux mères d'arrêter d'allaiter leur enfant durant 1 mois.

Enfin, bien qu’exceptionnel, la ciguatéra peut être responsable d’accouchements prématurés et d’avortements en cas d'intoxication au cours de la grossesse.

 
 
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Liste des symptômes gastro-intestinaux

        Liste des symptômes  cardiovasculaires
        Liste des symptômes neurologiques
       

Liste des symptômes rhumatologiques

Principaux organes et systèmes affectéspar la ciguatéra

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Chronologie de l'intoxication

                             

Dans la chronologie classique de la ciguatéra, la "phase d'incubation" de l’intoxication, c'est à dire la période entre la prise du repas toxique et la survenue des premiers symptômes, est estimée entre 6h et 12h dans la majorité des cas.

 

Les premiers signes de l'intoxication se caractérisent par des troubles gastro-intestinaux dont des crampes abdominales, nausées, diarrhée et vomissements qui finissent en général par s'estomper au bout de 24h. Certains symptômes neurologiques peuvent également faire leur apparition au cours de ces premières heures (démangeaisons, céphalées, paresthésie, dysesthésies,...).

 

Sur le plan cardio-vasculaire, des cas d’hypotension, de bradycardie sinusale régulière ou irrégulière, des modifications de l’onde T et plus rarement de tachycardie sont rapportés chez l’humain dans les premières 24h-48h de l'intoxication. Ces troubles cardiovasculaires sont en général révélateurs de la gravité de l'intoxication. Et à défaut d’une prise en charge médicale rapide et appropriée, ils peuvent conduire à la mort du patient, le plus souvent par déshydratation, choc lié à une défaillance cardio-circulatoire,...

 

La ciguatéra n'entraine pas de fièvre. Au contraire, il peut arriver que durant les 24h-48h qui suivent l'intoxication, la personne intoxiquée présente une légère hypothermie, accompagnée de frissons.

Les troubles digestifs s'estompent rapidement, spontanément ou en réponse à un traitement. Ils laissent alors place à une « phase d’état », plus caractéristique, marquée par l’apparition de signes rhumatologiques, généraux et neurologiques marqués, parmi lesquels les paresthésies (picotements gênants au niveau des extrémités, de la bouche et du pharynx) accompagnées de dysesthésies et/ou allodynie au froid (provoquant chez les patientsintoxiqués des sensations de brûlures au contact d’objets ou de liquides froids). Contrairement aux signes gastro-intestinaux, les troubles neurologiques sont susceptibles de perdurer dans le temps, pendant plusieurs semaines, mois, voire jusqu’à plusieurs années après la phase aiguë de l’intoxication

 

Les symptômes connus pour persister le plus longtemps sont le prurit, les vertiges, les paresthésies, les dysesthésies, l’ataxie, la faiblesse généralisée et les troubles de l’humeur de type dépressifs.

 

Outre les manifestations majeures listées ci-dessus, une faiblesse généralisée évoquant le Syndrome de Fatigue Chronique (SFC) est également souvent rapportée dans les zones d’endémie de la ciguatéra. Cette faiblesse, reconnue pour perdurer, est d’ailleurs proposée comme une des explications aux tendances dépressives de certains patients, n’excluant pas non plus une action centrale directe des Ciguatoxines.

 

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Chronologie d'apparition et degrés

d'inconfort des principaux symptômes de la ciguatéra.

 

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Ciguatéra: Théorie de la goutte d'eau qui fait déborder le vase

                   
                                      
 
 

Il peut arriver qu'au cours d'un même repas, plusieurs personnes consomment le même poisson toxique mais qu'une partie seulement des convives développe les symptômes de l'intoxication. On illustre ce phénomène par la "théorie de la goutte d'eau qui fait déborder le vase":

Les consommateurs chroniques de poissons lagonaires des zones endémiques de la ciguatéra accumulent tout au long de leur vie des quantités infimes de ciguatoxines dans leur organisme. Ces dernières sont ensuite distribuées et stockées dans différents organes et tissus (graisses et muscles, notamment, en raison du caractère lipophile des toxines ciguatériques). La teneur en toxines est donc susceptible de varier d'un individu à l'autre, en fonction de ses habitudes alimentaires. Ce n'est que lorsque ce niveau dépasse un seuil qualifié de "symptômatique" que les signes de l'intoxication se déclenche.

Ce niveau seuil est estimé à 0.1 ng de toxines/g de chair.

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